Abstract
Traditionnellement à Boukhara, la musique de fête des réunions masculines est une musique immigrée dont l'origine, comme son nom, mawrigi, l'indique, doit être cherchée dans le passé d'une ville millénaire, Merv, qui se trouve actuellement au sud du Turkménistan. Cette musique est interprétée par les musiciens masculins d'une minorité chiite de Boukhara qui s'appelle irānī du fait qu'elle est considérée comme descendante des habitants de Merv, ville qui a été longtemps gouvernée par les Iraniens chiites à partir de l'époque safavide. Le mawrigi anime les fêtes des Boukhariotes depuis la fin du XIXe siècle aux côtés d'une autre musique de fête, nommée actuellement boḫārcha par certains chercheurs, cette fois autochtone et consacrée aux réunions féminines, et exécutée plutôt par les musiciennes juives. Le mawrigi, depuis son succès auprès des Boukhariotes de souche, s'est adapté au goût local et a changé petit à petit ses caractéristiques iraniennes, surtout sur le plan modal et rythmique. Pourtant, même aujourd'hui, on peut repérer certains éléments disparates et précaires de l'esthétique iranienne dans ce genre musical.
Traditionally in Bukhara, the music of festivities for male gatherings is an immigrant music whose origin, as its name, mawrigi, indicates, must be sought in the past of an ancient city, Merv, which is now situated in the south of Turkmenistan. This music is performed by male musicians of a Shiite minority of Bukhara called irānī, which is considered to be descended from the inhabitants of Merv, a city that was long governed by Shiite Iranians since the Safavid era. The mawrigi has been performed at Boukhariote festivities since the end of the 19th century, alongside another musical genre, currently named boḫārcha by some researchers, which is devoted to female gatherings and is performed primarily by Jewish female musicians. Since its success within Boukhariote society, the mawrigi has adapted to local tastes and has gradually changed its Iranian features, mainly its modal and rhythmic characteristics. Yet, even today, one can identify some disparate and precarious elements of Iranian aesthetics in this music.
Notice
Revue des Traditions Musicales was originally published in print by Antonine University Press. It is now being republished by Luminous Insights Publishing House as part of the journal’s transfer.
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