Revue des Traditions Musicales

ISSN:3071-3226

Journal Insights | Publishing Model: Platinum Open Access | APC: Waived by the Publisher

Editor-in-Chief View Editorial Board

Nidaa Abou Mrad

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Research Article

Effet esthétique et propriétés thérapeutiques. Les réserves de Marāġī et de la musicologie rationnelle

Aesthetic effect and therapeutic properties. Marāġī's reservations and rational musicology

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Table Of Contents

 

Abstract

Dans son barbaṭ, Marāġī cite une correspondance établie par les Anciens entre les cordes du ‘barbaṭ (ou barbaṭ) et les quatre tempéraments. Il justifie par un hadith la prééminence de la science médicale et démontre la nécessité pour le médecin de connaître la musique afin d’établir son diagnostic et d’appliquer un traitement. Marāġī se limite à ces quelques allusions, et comme la plupart des anciens musicologues scientifiques, il ne s’engage pas plus loin sur ce terrain. Pourtant, à son époque, les bases d’une musicothérapie étaient fermement établies et sa pratique était attestée dans des hôpitaux. Pourquoi a-t-il laissé de côté une question qui a suscité tant de développements théoriques et pratiques ?

Pour y répondre, il convient de situer la doctrine de l’impact de la musique dans son développement historique depuis le milieu du xie siècle avec le Tebb-e Dārā Šokuh et la traduction persane du traité de médecine d’Ibn Butlan (m.1066), jusqu’à son apogée (et déclin) avec le Tebb-e Dārā Šokuh de ‘Ayn ol-Molk Šīrāzi rédigé en Inde en 1646. Un regard critique permet de comprendre les raisons pour lesquelles un maître de musique et théoricien du niveau de Marāġī ne pouvait pas raisonnablement créditer ces théories qui étaient déjà bien développées en son temps et qui le furent après lui dans des écrits sur la musique d’un genre très différent et bien éloigné de l’ancienne musicologie rationnelle.

À notre époque où la musicothérapie semble renaître dans certaines « cultures du Maqām » il convient de considérer préalablement les théories anciennes sous le double éclairage du bon sens et de la pratique musicale.

In in his Jāme’ ol alhān, Marāġī references a correspondence drawn by the Ancients between the strings of the ‘barbaṭ (or barbaṭ) and the four temperaments. He justifies the importance of medical knowledge through a hadith and demonstrates the necessity for a physician to understand music in order to make a diagnosis and apply treatment. Marāġī briefly addresses these aspects, and like most ancient scientific musicologists, he doesn’t delve deeper into this subject. However, during his time, the foundations of music therapy were firmly established, and its practice was documented in hospitals. Why did he overlook a question that had sparked numerous theoretical and practical developments?

To answer this question, it is necessary to place the doctrine of the impact of music in its historical development, starting from the mid-11th century with the Tebb-e Dārā Šokuh and the Persian translation of Ibn Butlan’s medical treatise (m. 1066), up to its peak (and decline) with ‘Ayn ol-Molk Šīrāzi’s Tebb-e Dārā Šokuh, written in India in 1646. A critical examination helps us understand why a music master and theorist of Marāġī’s caliber could not reasonably endorse these theories. These theories were already well-established during his time and continued to evolve in subsequent writings on music, which were of a very different nature and far removed from ancient rational musicology.

In our time when music therapy seems to be reviving in certain “Maqām cultures”, it is appropriate to first consider ancient theories in the dual light of common sense and musical practice.

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During, J., (2026) . Effet esthétique et propriétés thérapeutiques. Les réserves de Marāġī et de la musicologie rationnelle . Revue des Traditions Musicales , 17 (1) 38 - 45 , https://doi.org/10.51300/RTM-2023-134

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