Abstract
Cet article s’intéresse à l’effet sédatif de l’écoute de Mašriq (monodie modale instrumentale improvisative et concertante, issue de la tradition musicale artistique du Mašriq) sur la perception douloureuse et anxiogène de la ponction de la fistule artérioveineuse de patients libanais en situation d’hémodialyse, et ce, en comparaison avec l’écoute du K 448 de Mozart et l’isolement silencieux. La première hypothèse est grammatologique musicale consistant à associer la vertu antalgique au contenu sémiosique de la musique écoutée, lequel découle de la conjonction d’une complexité syntaxique de la structure mélodique profonde, susceptible de détourner l’attention du patient, avec une fluidité attractive de la structure mélodique et rythmique de surface, susceptible d’induire une gratification plaisante et relaxante. Quant à la deuxième hypothèse, elle est contextuelle culturelle et suppose que cette écoute antalgique serait optimisée par la plus grande adéquation de la musique écoutée avec la culture autochtone des patients et leurs affinités musicales. L’étude clinique expérimentale, réalisée en 2019-2020 auprès de 88 patients libanais en situation d’hémodialyse, permet de confirmer statistiquement ces deux hypothèses.
This article examines the sedative effect of listening to Taḥmīlat Rāst (an improvisatory and concertante instrumental modal monody from the Mašriq art music tradition) on the painful and anxiety-inducing perception of arteriovenous fistula cannulation in Lebanese haemodialysis patients, compared to listening to Mozart's K 448 and silent isolation. The first hypothesis is a musical grammatological one, associating the antalgic virtue with the semiosic content of the music listened to, which results from the conjunction of a syntactic complexity of the deep melodic structure—capable of diverting the patient's attention—with an attractive fluidity of the surface melodic and rhythmic structure—capable of inducing pleasant and relaxing gratification. The second hypothesis is a cultural contextual one, assuming that this antalgic listening is optimized by the greater alignment of the music listened to with the patients' native culture and musical affinities. The experimental clinical study, conducted in 2019-2020 with 88 Lebanese haemodialysis patients, statistically confirms both hypotheses.



